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Les Messagers (2007)

Une famille en reconstruction s’installe dans une ferme isolée du Dakota du Nord, sans connaître l’histoire funeste des précédents occupants (pour changer). Le plus jeune enfant sera le premier à voir les ombres surnaturelles, mais un mutisme post-traumatique l’empêche de prévenir ses parents ou sa grande soeur. Le temps que ces derniers se rendent compte du danger, il sera déjà presque trop tard…

Divertissant du point de vue des paysages, du rythme du film et du charisme des acteurs impliqués (Kristen Stewart pre-Twilight, John Corbett & Dylan McDermott, ainsi que les très mignons jumeaux Turner dans le rôle du gamin) mais inintéressant au possible côté scénario et effets spéciaux. L’inspiration japonisante des fantômes tombe à plat, on est dans le Midwest des Etats-Unis! Bien plus intéressante et cohérente dans le contexte, la scène avec les corbeaux qui ressemble d’ailleurs à un hommage aux Oiseaux d’Hitchcock. Le reste est vu, revu, et sera vite oublié. Tout juste bon pour une soirée DVD toutes lumières allumées, l’absence presque totale d’occasions de sursauter ne justifiant même pas de le regarder dans le noir.

L’Enfant du Diable (1980)

Le titre en VO est The Changeling, assez difficile à traduire littéralement, mais il rappelle (après visionnage) le dernier ingrédient de la recette magique de Stephen King. On prend un mot-clé prononcé une seule fois dans tout le film (ou dans tout le livre, selon le cas), on le tire de son contexte, et on le place sur l’affiche. But recherché: attiser la curiosité sans jamais rien dévoiler de l’histoire. Le titre en VF rate cet objectif d’un kilomètre, puisque « L’Enfant du Diable » n’est ni une expression-clé, ni vraiment liée au scénario, et est bien trop générique.

Un professeur de musique s’isole dans une immense demeure déserte pour se perdre dans ses compositions après le décès violent de sa femme et de sa fille. Mais les murs des anciennes maisons ont toujours le souvenir de leurs anciens occupants, et ce sont les fantômes qui les hantent qui imposent toujours leur rythme. De bruits nocturnes en visions étranges, notre héros découvrira peu à peu l’histoire de « l’enfant qui a été changé »…

Comme beaucoup de films d’horreur des années 70-80, L’Enfant du Diable a une ambiance toute particulière, créée par les scènes dans lesquelles le héros principal vit sa vie, qui ne font pas avancer l’histoire mais qui forment un beau contraste entre l’humanité du héros et l’étrangeté des phénomènes dont il est la cible. La scène du cours magistral en est un parfait exemple: inutile pour le développement du scénario, elle a néanmoins nécessité la présence d’une centaine de figurants, juste pour quelques secondes de « normalité ». La scène du tournage dans l’Exorciste est du même calibre.

En lui-même, le scénario est un peu alambiqué, et on devine après coup que le choix du titre est une tentative de subtilité supplémentaire. Et après tous les détours parcourus au long des 107 minutes (l’accident, la maison, les phénomènes, la recherche documentaire, la découverte macabre), la confrontation finale en deviendrait presque banale, bêtement humaine. Du film d’horreur, on passe au mystère pour arriver à une conclusion en mode thriller.

A voir de toute façon pour certaines scènes cultes, dont celle de la petite balle rouge dans les escaliers…

Cypher (2002)

Voilà un film de complot-fiction divertissant mais dont le manque d’âme rappelle Cube (1997, du même réalisateur). Un anti-héros sans personnalité accepte de devenir l’espion, ou le pion, de puissantes sociétés de renseignement, et paie cette nouvelle vie de ce qui lui reste de libre-arbitre. A la clé, découverte d’agents doubles, simples, ou même faux, de lavages de cerveau à grande échelle, de complots, d’amour, d’un peu action (mais pas trop). L’aspect science-fiction est effleuré juste assez pour que le film soit classé dans cette catégorie.

Tout ça pour une fin inattendue mais pas excessivement surprenante, qui invite à d’autres horizons, comme celle de Cube. Et comme dans ce dernier, on peut avoir l’impression que les sujets abordés par Cypher ont été posés autour d’un vide plutôt qu’autour d’un thème central, le tout parvenant néanmoins à atteindre un équilibre tout oriental, façon Feng Shui.

On ne s’ennuie pas (trop), et on se laisse séduire par cette petite perle de cinéma, simple mais efficace.

Exorcismus (2010)

Très classique film d’exorcisme moderne, qui ressemble bien trop à L’Exorciste, au point de ne même pas chercher un titre vraiment original. Je m’attendais à mieux, à plus, et j’ai même cherché (du moins au début) ces petites choses que les réalisateurs aiment glisser dans les oeuvres récentes et qu’on ne remarque pas forcément au premier visionnage: des reflets bizarres dans les miroirs, des ombres qui ne devraient pas être présentes, des mouvements de ceux qu’on aperçoit du coin de l’oeil (comme dans Insidious ou Paranormal Activity)… Et non, rien. Tout est tourné en plein jour, en essayant comme d’habitude de faire contraster la banalité du quotidien des héros avec la bizarrerie des peu nombreuses scènes paranormales. Mais tout ça est beaucoup trop clair, trop propre. Et c’est même le précédent exorcisme qu’on voit en flashback, bien plus noir et qui a l’air bien plus effrayant (et qui est d’ailleurs utilisé pour la jaquette du dvd…), qui attire l’attention.

Niveau scénario, ça reste très superficiel, et niveau réalisation, c’est assez morne aussi. Les moments clés passent et trépassent sans créer de souvenir. Et bien que certaines scènes soient relativement inédites par leur aspect violemment meurtrier, ce qu’on ne voit finalement pas assez dans les films de possession, ce n’est pas ça qui fera remonter le niveau.

Dans le même genre, Le Rite (2011) avec Anthony Hopkins est bien plus intéressant, au moins pour le jeu d’acteur de ce dernier. Dans Exorcismus, on a des acteurs bien trop jeunes pour être expérimentés, qui jouent des personnages eux aussi bien trop jeunes pour être expérimentés. Bref, c’est assez fade, tout ça.

The Troll Hunter (2010)

Jolie fable cinématographique qui nous annonce que les trolls des légendes nordiques existent réellement. Marchant dans les traces toujours pas effacées du Blair Witch Project, cette docu-fiction nous entraîne dans les vastes forêts norvégiennes, à la recherche de ces géants noctambules (le secret serait évidemment éventé depuis longtemps s’ils sortaient le jour). Un chasseur/berger secrètement employé par le gouvernement du pays est chargé de veiller à ce qu’ils ne fassent pas trop de bêtises, et aussi à ce que le grand public n’apprenne jamais leur existence. Une bande d’étudiants curieux tombe néanmoins sur lui et il accepte de les laisser le suivre pour filmer ses activités nocturnes.

Et c’est là qu’on s’éloigne de Blair Witch pour se retrouver plus dans la lignée de Monsters, ou de The Host. On voit les bestiaux! Et tant mieux, car ils sont plutôt réussis. Ils sont présentés depuis le point de vue d’un humain, ce qui les rend d’autant plus impressionnants. Le côté film amateur n’était pas nécessaire pour obtenir ce résultat (cf. la Guerre des Mondes de 2005 qui utilise la même technique sans la justifier), mais ça ajoute au réalisme de l’histoire.

Le reste, c’est du grand classique, mais le scénario n’a pas besoin d’être incroyablement complexe pour rendre intéressante cette chasse aux trolls qui est déjà très fun. Un peu de théorie du complot, beaucoup de fantastique, quelques raisonnements crédibles (pour couvrir tous les autres aspects irréalistes) et un résultat à regarder sur grand écran une fois par an, au moins pour revoir le passage culte du film: « Troooollll!!!! ». Excellent.

 

Dream House (2011)

Une famille américaine s’installe dans une maison sans connaître l’histoire lugubre des occupants précédents… La découverte des souvenirs qui hantent les couloirs de la demeure fera perdre la tête au héros principal joué par Daniel Craig, à moins qu’il ne l’ait déjà perdue…?

Dans le même genre, de nombreux films des décennies passées, The Others ou Amityville (celui de 1979) en tête, sont bien mieux amenés, bien plus éthérés, et/ou bien plus prenants. Ici, le mélange parapsycho / psycho tout court qui tente d’être original est trop ambitieux et ne fait que donner une impression de déjà-vu mal ficelé. Pendant les premières minutes, je me suis même demandé si je ne regardais pas pour la deuxième fois un film que j’avais déjà visionné quelques mois auparavant. Quant au dénouement, comme un cheveu sur la soupe, il prend une tangente ‘film policier’ qui en arrive presque à en faire oublier cette histoire de faux revenants alambiquée.

Mais Dream House n’est quand même pas désagréable, et peut intégrer sans honte une collection de DVD/BR sur le thème des hantises à l’américaine…

Attack the Block (2011)

Un sujet original tué dans l’oeuf par son propre manque de motivation. Et de vocabulaire.

Une bande de délinquants juvéniles à la petite semaine tiennent les murs d’un quartier du sud de Londres, et tentent d’y faire leur loi. Leur chef de 15 ans, Moses, est le seul à avoir un semblant d’ambition : prêt à passer le cap des petits délits, il se voit proposer l’opportunité de rejoindre le monde ô combien séduisant de la vente de drogue. Mais une invasion extra-terrestre prenant pour cible son quartier le dévie brutalement de cette trajectoire, au moins temporairement, et le transforme en héros…

Par contre, avant d’en arriver à ce moment-clé, il faut regarder tout le reste du film. Et c’est bien ça le problème.

Parmi les anti-héros récents dont les actions changent le cours de l’histoire, ceux qui me reviennent en tête sont les voisins un peu lâches mais de bonne volonté de Skyline, gros budget américain au thème similaire à Attack the Block. Mais dans ce dernier, ce sont des racailles stéréotypées qui tiennent le haut de l’affiche. Donc, des jeunes au vocabulaire et à l’imagination douloureusement pauvres, et ce n’est certes pas leurs conversations ou leur champ d’action limités qui feront avancer l’intrigue. Donc on attend une bonne heure avant que Moses ait LA bonne idée, l’illumination. Et c’est une longue attente.

Les stéréotypes ambulants croisent assez tôt le chemin d’un autre stéréotype démotivé,  campé par Nick Frost, une figure de l’humour britannique pince-sans-rire, histoire que le spectateur comprenne bien qu’en fait Attack the Block est aussi une comédie. Mélangée à de la science-fiction, cette fable sociale est tout à fait britannique, quoi. Comme le très sympathique Shaun of the Dead mentionné sur l’affiche. Mais il manque un ingrédient, ou alors peut-être que tous les ingrédients sont trop fades. Comme il s’agit de la première réalisation de Joe Cornish, on peut être indulgent. Mais ça ne méritait pas nécessairement un passage au cinéma. Sans être trop violent, ça rappellerait quand même certaines webproductions…

Donc, on est loin des productions américaines, et c’est sans renfort de musique orchestrale ou d’effets spéciaux à couper le souffle que nos jeunes anti-héros font des aller-retours dans les mêmes rues, les mêmes bâtiments, les mêmes appartements… Et croisent les mêmes têtes, et surtout, les mêmes aliens. Sympathiques au début, ces derniers deviennent vite lassants, et font glisser l’intérêt du film vers l’acteur principal, John Boyega qui joue à merveille le petit dur des cités et qui mérite presque qu’on regarde le film juste pour ses performances.

Au final, j’ai failli me laisser prendre, mais le manque de motivation des jeunes a trop vite envahi tout le scénario, les répétitions à l’infini des « bruv », « fam » et « blood » dans leurs interjections m’ont vite fatigué, les aliens sont trop exposés pour m’impressionner, et les aller-retours incessants m’ont lassé. Donc j’ai pratiqué l’avance rapide jusqu’aux dernières minutes qui, à mon grand soulagement, contenaient la scène clé du film, celle où le bad boy en devenir a une idée, se repent, et sauve le monde.

Sauf qu’on ne sait pas ce qu’il devient ensuite. Pour le côté fable sociale, tu repasseras, il n’y a même pas de morale.
A voir en DVD ou en DIVX vite fait, pour tuer une soirée.

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