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L’Enfant du Diable (1980)

Le titre en VO est The Changeling, assez difficile à traduire littéralement, mais il rappelle (après visionnage) le dernier ingrédient de la recette magique de Stephen King. On prend un mot-clé prononcé une seule fois dans tout le film (ou dans tout le livre, selon le cas), on le tire de son contexte, et on le place sur l’affiche. But recherché: attiser la curiosité sans jamais rien dévoiler de l’histoire. Le titre en VF rate cet objectif d’un kilomètre, puisque « L’Enfant du Diable » n’est ni une expression-clé, ni vraiment liée au scénario, et est bien trop générique.

Un professeur de musique s’isole dans une immense demeure déserte pour se perdre dans ses compositions après le décès violent de sa femme et de sa fille. Mais les murs des anciennes maisons ont toujours le souvenir de leurs anciens occupants, et ce sont les fantômes qui les hantent qui imposent toujours leur rythme. De bruits nocturnes en visions étranges, notre héros découvrira peu à peu l’histoire de « l’enfant qui a été changé »…

Comme beaucoup de films d’épouvante surnaturelle des années 70-80, L’Enfant du Diable a une ambiance toute particulière, créée par les scènes dans lesquelles le héros principal vit sa vie, qui ne font pas avancer l’histoire mais qui forment un beau contraste entre l’humanité du héros et l’étrangeté des phénomènes dont il est la cible. La scène du cours magistral en est un parfait exemple: inutile pour le développement du scénario, elle a néanmoins nécessité la présence d’une centaine de figurants, juste pour quelques secondes de « normalité ». La scène du tournage dans l’Exorciste est du même calibre.

En lui-même, le scénario est un peu alambiqué, et on devine après coup que le choix du titre est une tentative de subtilité supplémentaire. Et après tous les détours parcourus au long des 107 minutes (l’accident, la maison, les phénomènes, la recherche documentaire, la découverte macabre), la confrontation finale en deviendrait presque banale, bêtement humaine. Du film d’horreur, on passe au mystère pour arriver à une conclusion en mode thriller.

A voir de toute façon pour certaines scènes cultes, dont celle de la petite balle rouge dans les escaliers…

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