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Archive pour la catégorie ‘Science-fiction’

Les Documents Interdits (1989)

Il y a une vingtaine d’années, j’étais tombé sur des documentaires étonnants, qui avaient durablement impressionné ma mémoire, et qui avaient été diffusés à l’époque (je viens de l’apprendre, en les redécouvrant) sur Arte.

12 documents vidéo, qu’ils soient reportages, archives gouvernementales ou personnelles, ayant tous comme thème commun la mise au jour de phénomènes scientifiques ou sociaux inhabituels, étranges, ou complètement surnaturels.

Entre autres, un manoir perdu dans le temps, un camp soviétique de cyborgs défaillants et oubliés, ou encore un enfant pouvant déplacer des objets par la pensée… Et même un treizième document, inédit, qui a été ressorti des archives à l’occasion des 20 ans d’Arte.

J’ai déjà mentionné à plusieurs reprises ici le Projet Blair Witch, qui a réveillé le genre du faux documentaire, mais sur les 60 ans qui séparent la fausse alerte radiophonique d‘Orson Welles (interprétation très réaliste des événements de la Guerre des Mondes d’H.G. Wells) et les premières rumeurs du Projet, d’autres faux reportages ont vu le jour sans obtenir la popularité de l’un ou de l’autre. Pour le dernier, la participation d’Internet n’y est pas pour rien, les rumeurs se propageant infiniment plus vite depuis la fin des années 90, qui sont incidemment la période à laquelle est sortie le Projet Blair Witch.

Et malgré ce recul, encore aujourd’hui, les Documents Interdits font leur effet: on peut voir traîner sur le net les commentaires de nouveaux spectateurs qui mettent en question la véracité des 12 vidéos. Tout est bluffant: le nombre de participants pour chaque reportage, le montage amateur, la plausibilité générale des références mentionnées, l’internationalité des lieux et des langages, et la voix off dépourvue d’émotion, loin, tellement loin de la mise en scène ridicule des séries TV américaines du type Ghost Hunters, ou des faux-films les plus récents.

Dérangeants, étonnants, oniriques parfois, rappelant les thèmes de certaines oeuvres de H.P. Lovecraft, les Documents Interdits sont un ensemble de pirouettes filmologiques à voir, à garder dans ses archives et à partager, pour tester leur efficacité encore et encore aux cours des années à venir…

Apollo 18 (2011)

C’était bien parti, pourtant. Un genre de Blair Witch Project dans l’espace, ou bien un Alien à la sauce documentaire. Mais la grande majorité du film est tellement improbable, mal racontée, sans suspense et sans originalité, que ce potentiel énorme meurt après la première demi-heure. Dès que les « choses » apparaissent, en fait. A partir de ce moment, Apollo 18 part en vrille: le documentaire devient un bête film amateur, et on doit supporter, dans le désordre: des scènes choc ridicules et déplacées, des effets spéciaux hors contexte et inutiles, et une histoire prévisible au possible (que celui qui n’a pas deviné ce que sont les aliens avant qu’on les voie en action aille au coin).

La présence et le jeu des acteurs rattrape le film avant qu’il ne tombe dans la catégorie ‘kitsch’, mais vraiment de justesse. En bref, vite vu, vite oublié. L’épisode 9 de la première saison des X-Files (« Space »), sur le même thème, m’a marqué plus durablement que cette fausse mission dont je n’ai absolument pas été dupe. Dommage, c’était vraiment bien parti.

La Guerre des Mondes (2005)

Du Spielberg raté, par manque d’humanité. Une contemporanisation bête, méchante et désespérée de l’un des grands classiques de la science-fiction, qui au-delà d’effets spéciaux incroyables et d’angles de caméras à hauteur humaine, perd toute sa force à cause de ses personnages, petits, égoïstes et mesquins. Et, pire que tout, inutiles. Passées les 30 premières minutes d’émotions fortes, on se retrouve coincé avec eux, et on lutte pour tenir jusqu’à la fin.

Le héros principal est antipathique au possible: ouvrier de chantier aux horaires décalés, propriétaire d’une petite et moche maison de banlieue, divorcé, piètre père de famille qu’on aurait envie de dénoncer pour abandons répétés de ses enfants, désespéré dans son incapacité à prendre des décisions cohérentes, la seule chose qu’il a pour lui, c’est son look. C’est Tom Cruise, quand même. Mais comme l’apparence est le dernier des pré-requis dans un scénario catastrophe, finalement même ça, ça lui dessert. Le Tom Hanks de 2012 semble beaucoup plus approprié pour ce genre de rôle.

Son fils est un patriote en herbe, jeune et borné, au charisme d’huître. Et sa fille, bon, sa fille, c’est Dakota Fanning, mais à part jouer les autistes et pousser des hurlements suraigus, elle ne sert pas à grand chose non plus. Allez, disons que sa présence justifie le prix du voyage de son père, et encore.

On retrouve la scène de la fuite en voiture, qui par la magie du cinéma peut naviguer sans encombre entre les autres véhicules accidentés, dans les ruines, dans les masses humaines en mouvement (mais pour continuer la comparaison la Guerre des Mondes / 2012, le premier est heureusement bien loin du degré d’invraisemblance du second à ce niveau).

Et à part ça, on a quoi… Des scénettes d’interaction entre humains à la dérive, tous moins attachants les uns que les autres, et des actions/réactions extra-terrestres plutôt incompréhensibles. Pour ce dernier point, O.K, ce sont des aliens, et O.K., les explications scientifiques habituelles dans ce genre de film ont été mises de côté, sans doute pour privilégier le côté « héros qui survit à un danger mortel sans jamais rien comprendre ». Le souci c’est que le spectacteur non plus n’y capte rien.

Et la fin… Décevante! Tellement décevante! Une phrase en voix off! La première fois que j’ai vu ce film au cinéma, j’ai eu du mal à accepter que c’était la conclusion. Cette fois, je me suis appliqué pour tenter d’obtenir un soulagement final, hé ben non, encore raté. Pas d’espoir, pas de gain. Les acteurs de la version de 1953 font une apparition éclair dans la dernière scène histoire de dire, et puis c’est fini. Décevant!

Super 8 (2011)

S’il n’y a qu’une chose à retenir de Super 8, c’est que « C’est moche, la drogue! ». Ah non, il faut retenir aussi que la famille, c’est important. Que l’entraide, la compréhension et le pardon sont primordiaux dans une relation saine, et aussi, surtout, la tolérance! Il ne faut pas avoir peur de la différence, non, non et non! Et enfin, il ne faut pas sous-estimer l’intelligence et le courage des enfants, ni l’incroyable puissance de leur innocence.

L’histoire: Lillian, petite ville tranquille de l’Ohio, devient l’objet de phénomènes étranges et de disparitions inexpliquées après l’accident spectaculaire d’un train de l’armée américaine. La caméra Super 8 d’une bande de gamins qui tournait la scène-clé d’un film amateur près de la voie ferrée a tout enregistré. Mais avec des parents trop occupés, trop distraits, ou trop distants, les enfants vont devoir découvrir l’origine des phénomènes par eux-mêmes…

L’action se déroule en 1979, ce qui me rappelle que j’ai déjà vu toute la bonne volonté de mon premier paragraphe ailleurs… Ah oui, dans E.T., sorti en 1982. Et aussi dans les Goonies, 1985. Et dans tout un tas d’autres films de la même époque dont les héros sont des pré-ados américains qui rêvent d’aventures. Mais de nos jours (malheureusement…?), l’esprit boy-scout est un peu daté, et Super 8, bien qu’étant réussi sur presque tous les plans, ne marquera certainement pas les mémoires très longtemps, à part comme hommage à cette époque révolue.

On le devine du début à la fin, et J.J. Abrams, scénariste & réalisateur de Super 8, ne s’en cache pas: c’est un film nostalgique et auto-biographique, le rêve réalisé d’un gamin qui aimait faire du cinéma… Inspiré par le talent de Spielberg, d’ailleurs co-producteur du film, mais sans vraiment parvenir à le rejoindre, c’est très divertissant mais pas transcendant. Je dirais même qu’il manque un détail important: les relations entre les humains et la « chose » sont évoqués, mais pas vécus en direct. Certaines scènes importantes de la fin du film en pâtissent sérieusement.

Ceci étant dit, on a des personnages attachants, des gamins charismatiques, un scénario sympathique, des détails savoureux, une excellente réalisation et une belle âme: en bref, un bon film à regarder en famille une fois tous les deux ans, en HD de préférence.

Anecdote en post-scriptum: dans les réquisitoires science-fictifs récents contre la discrimination, on trouve d’un côté District 9, noir sans sucre, pour adultes; et de l’autre côté, Super 8, un cran en-dessous (comme l’indique le titre), version colorée et sucrée, pour enfants. Sans savoir si c’est voulu (j’en doute un peu, mais qui sait), je trouve ça amusant.

Cypher (2002)

Voilà un film de complot-fiction divertissant mais dont le manque d’âme rappelle Cube (1997, du même réalisateur). Un anti-héros sans personnalité accepte de devenir l’espion, ou le pion, de puissantes sociétés de renseignement, et paie cette nouvelle vie de ce qui lui reste de libre-arbitre. A la clé, découverte d’agents doubles, simples, ou même faux, de lavages de cerveau à grande échelle, de complots, d’amour, d’un peu action (mais pas trop). L’aspect science-fiction est effleuré juste assez pour que le film soit classé dans cette catégorie.

Tout ça pour une fin inattendue mais pas excessivement surprenante, qui invite à d’autres horizons, comme celle de Cube. Et comme dans ce dernier, on peut avoir l’impression que les sujets abordés par Cypher ont été posés autour d’un vide plutôt qu’autour d’un thème central, le tout parvenant néanmoins à atteindre un équilibre tout oriental, façon Feng Shui.

On ne s’ennuie pas (trop), et on se laisse séduire par cette petite perle de cinéma, simple mais efficace.

Attack the Block (2011)

Un sujet original tué dans l’oeuf par son propre manque de motivation. Et de vocabulaire.

Une bande de délinquants juvéniles à la petite semaine tiennent les murs d’un quartier du sud de Londres, et tentent d’y faire leur loi. Leur chef de 15 ans, Moses, est le seul à avoir un semblant d’ambition : prêt à passer le cap des petits délits, il se voit proposer l’opportunité de rejoindre le monde ô combien séduisant de la vente de drogue. Mais une invasion extra-terrestre prenant pour cible son quartier le dévie brutalement de cette trajectoire, au moins temporairement, et le transforme en héros…

Par contre, avant d’en arriver à ce moment-clé, il faut regarder tout le reste du film. Et c’est bien ça le problème.

Parmi les anti-héros récents dont les actions changent le cours de l’histoire, ceux qui me reviennent en tête sont les voisins un peu lâches mais de bonne volonté de Skyline, gros budget américain au thème similaire à Attack the Block. Mais dans ce dernier, ce sont des racailles stéréotypées qui tiennent le haut de l’affiche. Donc, des jeunes au vocabulaire et à l’imagination douloureusement pauvres, et ce n’est certes pas leurs conversations ou leur champ d’action limités qui feront avancer l’intrigue. Donc on attend une bonne heure avant que Moses ait LA bonne idée, l’illumination. Et c’est une longue attente.

Les stéréotypes ambulants croisent assez tôt le chemin d’un autre stéréotype démotivé,  campé par Nick Frost, une figure de l’humour britannique pince-sans-rire, histoire que le spectateur comprenne bien qu’en fait Attack the Block est aussi une comédie. Mélangée à de la science-fiction, cette fable sociale est tout à fait britannique, quoi. Comme le très sympathique Shaun of the Dead mentionné sur l’affiche. Mais il manque un ingrédient, ou alors peut-être que tous les ingrédients sont trop fades. Comme il s’agit de la première réalisation de Joe Cornish, on peut être indulgent. Mais ça ne méritait pas nécessairement un passage au cinéma. Sans être trop violent, ça rappellerait quand même certaines webproductions…

Donc, on est loin des productions américaines, et c’est sans renfort de musique orchestrale ou d’effets spéciaux à couper le souffle que nos jeunes anti-héros font des aller-retours dans les mêmes rues, les mêmes bâtiments, les mêmes appartements… Et croisent les mêmes têtes, et surtout, les mêmes aliens. Sympathiques au début, ces derniers deviennent vite lassants, et font glisser l’intérêt du film vers l’acteur principal, John Boyega qui joue à merveille le petit dur des cités et qui mérite presque qu’on regarde le film juste pour ses performances.

Au final, j’ai failli me laisser prendre, mais le manque de motivation des jeunes a trop vite envahi tout le scénario, les répétitions à l’infini des « bruv », « fam » et « blood » dans leurs interjections m’ont vite fatigué, les aliens sont trop exposés pour m’impressionner, et les aller-retours incessants m’ont lassé. Donc j’ai pratiqué l’avance rapide jusqu’aux dernières minutes qui, à mon grand soulagement, contenaient la scène clé du film, celle où le bad boy en devenir a une idée, se repent, et sauve le monde.

Sauf qu’on ne sait pas ce qu’il devient ensuite. Pour le côté fable sociale, tu repasseras, il n’y a même pas de morale.
A voir en DVD ou en DIVX vite fait, pour tuer une soirée.

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