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Archive pour la catégorie ‘1980’

Les Documents Interdits (1989)

Il y a une vingtaine d’années, j’étais tombé sur des documentaires étonnants, qui avaient durablement impressionné ma mémoire, et qui avaient été diffusés à l’époque (je viens de l’apprendre, en les redécouvrant) sur Arte.

12 documents vidéo, qu’ils soient reportages, archives gouvernementales ou personnelles, ayant tous comme thème commun la mise au jour de phénomènes scientifiques ou sociaux inhabituels, étranges, ou complètement surnaturels.

Entre autres, un manoir perdu dans le temps, un camp soviétique de cyborgs défaillants et oubliés, ou encore un enfant pouvant déplacer des objets par la pensée… Et même un treizième document, inédit, qui a été ressorti des archives à l’occasion des 20 ans d’Arte.

J’ai déjà mentionné à plusieurs reprises ici le Projet Blair Witch, qui a réveillé le genre du faux documentaire, mais sur les 60 ans qui séparent la fausse alerte radiophonique d‘Orson Welles (interprétation très réaliste des événements de la Guerre des Mondes d’H.G. Wells) et les premières rumeurs du Projet, d’autres faux reportages ont vu le jour sans obtenir la popularité de l’un ou de l’autre. Pour le dernier, la participation d’Internet n’y est pas pour rien, les rumeurs se propageant infiniment plus vite depuis la fin des années 90, qui sont incidemment la période à laquelle est sortie le Projet Blair Witch.

Et malgré ce recul, encore aujourd’hui, les Documents Interdits font leur effet: on peut voir traîner sur le net les commentaires de nouveaux spectateurs qui mettent en question la véracité des 12 vidéos. Tout est bluffant: le nombre de participants pour chaque reportage, le montage amateur, la plausibilité générale des références mentionnées, l’internationalité des lieux et des langages, et la voix off dépourvue d’émotion, loin, tellement loin de la mise en scène ridicule des séries TV américaines du type Ghost Hunters, ou des faux-films les plus récents.

Dérangeants, étonnants, oniriques parfois, rappelant les thèmes de certaines oeuvres de H.P. Lovecraft, les Documents Interdits sont un ensemble de pirouettes filmologiques à voir, à garder dans ses archives et à partager, pour tester leur efficacité encore et encore aux cours des années à venir…

L’Enfant du Diable (1980)

Le titre en VO est The Changeling, assez difficile à traduire littéralement, mais il rappelle (après visionnage) le dernier ingrédient de la recette magique de Stephen King. On prend un mot-clé prononcé une seule fois dans tout le film (ou dans tout le livre, selon le cas), on le tire de son contexte, et on le place sur l’affiche. But recherché: attiser la curiosité sans jamais rien dévoiler de l’histoire. Le titre en VF rate cet objectif d’un kilomètre, puisque « L’Enfant du Diable » n’est ni une expression-clé, ni vraiment liée au scénario, et est bien trop générique.

Un professeur de musique s’isole dans une immense demeure déserte pour se perdre dans ses compositions après le décès violent de sa femme et de sa fille. Mais les murs des anciennes maisons ont toujours le souvenir de leurs anciens occupants, et ce sont les fantômes qui les hantent qui imposent toujours leur rythme. De bruits nocturnes en visions étranges, notre héros découvrira peu à peu l’histoire de « l’enfant qui a été changé »…

Comme beaucoup de films d’épouvante surnaturelle des années 70-80, L’Enfant du Diable a une ambiance toute particulière, créée par les scènes dans lesquelles le héros principal vit sa vie, qui ne font pas avancer l’histoire mais qui forment un beau contraste entre l’humanité du héros et l’étrangeté des phénomènes dont il est la cible. La scène du cours magistral en est un parfait exemple: inutile pour le développement du scénario, elle a néanmoins nécessité la présence d’une centaine de figurants, juste pour quelques secondes de « normalité ». La scène du tournage dans l’Exorciste est du même calibre.

En lui-même, le scénario est un peu alambiqué, et on devine après coup que le choix du titre est une tentative de subtilité supplémentaire. Et après tous les détours parcourus au long des 107 minutes (l’accident, la maison, les phénomènes, la recherche documentaire, la découverte macabre), la confrontation finale en deviendrait presque banale, bêtement humaine. Du film d’horreur, on passe au mystère pour arriver à une conclusion en mode thriller.

A voir de toute façon pour certaines scènes cultes, dont celle de la petite balle rouge dans les escaliers…

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