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Archive pour la catégorie ‘2000’

La Guerre des Mondes (2005)

Du Spielberg raté, par manque d’humanité. Une contemporanisation bête, méchante et désespérée de l’un des grands classiques de la science-fiction, qui au-delà d’effets spéciaux incroyables et d’angles de caméras à hauteur humaine, perd toute sa force à cause de ses personnages, petits, égoïstes et mesquins. Et, pire que tout, inutiles. Passées les 30 premières minutes d’émotions fortes, on se retrouve coincé avec eux, et on lutte pour tenir jusqu’à la fin.

Le héros principal est antipathique au possible: ouvrier de chantier aux horaires décalés, propriétaire d’une petite et moche maison de banlieue, divorcé, piètre père de famille qu’on aurait envie de dénoncer pour abandons répétés de ses enfants, désespéré dans son incapacité à prendre des décisions cohérentes, la seule chose qu’il a pour lui, c’est son look. C’est Tom Cruise, quand même. Mais comme l’apparence est le dernier des pré-requis dans un scénario catastrophe, finalement même ça, ça lui dessert. Le Tom Hanks de 2012 semble beaucoup plus approprié pour ce genre de rôle.

Son fils est un patriote en herbe, jeune et borné, au charisme d’huître. Et sa fille, bon, sa fille, c’est Dakota Fanning, mais à part jouer les autistes et pousser des hurlements suraigus, elle ne sert pas à grand chose non plus. Allez, disons que sa présence justifie le prix du voyage de son père, et encore.

On retrouve la scène de la fuite en voiture, qui par la magie du cinéma peut naviguer sans encombre entre les autres véhicules accidentés, dans les ruines, dans les masses humaines en mouvement (mais pour continuer la comparaison la Guerre des Mondes / 2012, le premier est heureusement bien loin du degré d’invraisemblance du second à ce niveau).

Et à part ça, on a quoi… Des scénettes d’interaction entre humains à la dérive, tous moins attachants les uns que les autres, et des actions/réactions extra-terrestres plutôt incompréhensibles. Pour ce dernier point, O.K, ce sont des aliens, et O.K., les explications scientifiques habituelles dans ce genre de film ont été mises de côté, sans doute pour privilégier le côté « héros qui survit à un danger mortel sans jamais rien comprendre ». Le souci c’est que le spectacteur non plus n’y capte rien.

Et la fin… Décevante! Tellement décevante! Une phrase en voix off! La première fois que j’ai vu ce film au cinéma, j’ai eu du mal à accepter que c’était la conclusion. Cette fois, je me suis appliqué pour tenter d’obtenir un soulagement final, hé ben non, encore raté. Pas d’espoir, pas de gain. Les acteurs de la version de 1953 font une apparition éclair dans la dernière scène histoire de dire, et puis c’est fini. Décevant!

Les Messagers (2007)

Une famille en reconstruction s’installe dans une ferme isolée du Dakota du Nord, sans connaître l’histoire funeste des précédents occupants (pour changer). Le plus jeune enfant sera le premier à voir les ombres surnaturelles, mais un mutisme post-traumatique l’empêche de prévenir ses parents ou sa grande soeur. Le temps que ces derniers se rendent compte du danger, il sera déjà presque trop tard…

Divertissant du point de vue des paysages, du rythme du film et du charisme des acteurs impliqués (Kristen Stewart pre-Twilight, John Corbett & Dylan McDermott, ainsi que les très mignons jumeaux Turner dans le rôle du gamin) mais inintéressant au possible côté scénario et effets spéciaux. L’inspiration japonisante des fantômes tombe à plat, on est dans le Midwest des Etats-Unis! Bien plus intéressante et cohérente dans le contexte, la scène avec les corbeaux qui ressemble d’ailleurs à un hommage aux Oiseaux d’Hitchcock. Le reste est vu, revu, et sera vite oublié. Tout juste bon pour une soirée DVD toutes lumières allumées, l’absence presque totale d’occasions de sursauter ne justifiant même pas de le regarder dans le noir.

Cypher (2002)

Voilà un film de complot-fiction divertissant mais dont le manque d’âme rappelle Cube (1997, du même réalisateur). Un anti-héros sans personnalité accepte de devenir l’espion, ou le pion, de puissantes sociétés de renseignement, et paie cette nouvelle vie de ce qui lui reste de libre-arbitre. A la clé, découverte d’agents doubles, simples, ou même faux, de lavages de cerveau à grande échelle, de complots, d’amour, d’un peu action (mais pas trop). L’aspect science-fiction est effleuré juste assez pour que le film soit classé dans cette catégorie.

Tout ça pour une fin inattendue mais pas excessivement surprenante, qui invite à d’autres horizons, comme celle de Cube. Et comme dans ce dernier, on peut avoir l’impression que les sujets abordés par Cypher ont été posés autour d’un vide plutôt qu’autour d’un thème central, le tout parvenant néanmoins à atteindre un équilibre tout oriental, façon Feng Shui.

On ne s’ennuie pas (trop), et on se laisse séduire par cette petite perle de cinéma, simple mais efficace.

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