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Archive pour la catégorie ‘2010’

Don’t be afraid of the dark (2011)

Une famille recomposée, une gamine malheureuse d’être rejetée par sa mère, et une grande maison pleine de coins obscurs qui cachent des créatures anciennes et malveillantes. Y a des idées, y a un bout d’approche psycho semi-intéressante, mais c’est vraiment trop classique. C’est lent et ennuyeux. C’est un thème vu, revu et rabâché. L’originalité du film: on voit clairement les monstres! Un comble, pour un scénario qui a comme thème l’obscurité. Du coup ça rappelle les Gremlins (1984), ou les autres films à bestioles de ce genre.

Une musique d’ambiance présente mais qui n’apporte rien, de jolis décors qui ne sont pas assez mis en valeur, au contraire des créatures qui sont elles beaucoup trop travaillées. Sans parler de certains coins du scénario qui sont gentiment laissés dans le noir.

En bref, encore un remake (même titre, 1973) qui ne sert à rien. D’ailleurs, même s’il existe une traduction officielle au titre de la première version (« les Créatures de l’Ombre« ), celui de la version présente restera en vo, pour montrer que ce film ne mérite même pas cet effort-là. Il ne vaut pas le coup d’être regardé, sauf pour les fans de Guillermo del Toro (celui du Labyrinthe de Pan, bien plus intéressant).

Apollo 18 (2011)

C’était bien parti, pourtant. Un genre de Blair Witch Project dans l’espace, ou bien un Alien à la sauce documentaire. Mais la grande majorité du film est tellement improbable, mal racontée, sans suspense et sans originalité, que ce potentiel énorme meurt après la première demi-heure. Dès que les « choses » apparaissent, en fait. A partir de ce moment, Apollo 18 part en vrille: le documentaire devient un bête film amateur, et on doit supporter, dans le désordre: des scènes choc ridicules et déplacées, des effets spéciaux hors contexte et inutiles, et une histoire prévisible au possible (que celui qui n’a pas deviné ce que sont les aliens avant qu’on les voie en action aille au coin).

La présence et le jeu des acteurs rattrape le film avant qu’il ne tombe dans la catégorie ‘kitsch’, mais vraiment de justesse. En bref, vite vu, vite oublié. L’épisode 9 de la première saison des X-Files (« Space »), sur le même thème, m’a marqué plus durablement que cette fausse mission dont je n’ai absolument pas été dupe. Dommage, c’était vraiment bien parti.

White: The Melody of the Curse (2011)

Je ne sais pas s’il y a (ou s’il y aura) une VF, donc je mets le titre anglais. Enfin un film d’horreur asiatique qui m’a fait peur! Et à plusieurs reprises! Ca faisait longtemps. L’histoire se base sur une malédiction toute classique, et on retrouve les éléments habituels du genre, dans l’ordre habituel. En dépit de tout ça, c’est bien réalisé, c’est intéressant, et ça fait sursauter même en pleine lumière.

Une girls band de seconde zone découvre une chanson originale et sa chorégraphie sur une cassette vidéo oubliée. En se l’appropriant, elles rencontrent un succès immédiat auprès de leur public, mais déclenchent du même coup une malédiction qui va les frapper l’une après l’autre…

C’est à voir une fois, comme ça, en divx, pour le fun. Il n’y a ni de quoi remplir les salles obscures, ni de quoi justifier une édition blu-ray collector en forme de la bouteille d’eau de javel qu’on voit dans le film. Mais après la flopée de films sans intérêt ou sans peur ajoutée que j’ai pu visionner ces dernières années, ça fait plais’ de tomber sur ce petit bonbon coréen.

Mais il va quand même falloir que je comprenne pourquoi les cassettes vidéo ont autant d’attrait pour les scénaristes de films d’épouvante asiatiques…

Super 8 (2011)

S’il n’y a qu’une chose à retenir de Super 8, c’est que « C’est moche, la drogue! ». Ah non, il faut retenir aussi que la famille, c’est important. Que l’entraide, la compréhension et le pardon sont primordiaux dans une relation saine, et aussi, surtout, la tolérance! Il ne faut pas avoir peur de la différence, non, non et non! Et enfin, il ne faut pas sous-estimer l’intelligence et le courage des enfants, ni l’incroyable puissance de leur innocence.

L’histoire: Lillian, petite ville tranquille de l’Ohio, devient l’objet de phénomènes étranges et de disparitions inexpliquées après l’accident spectaculaire d’un train de l’armée américaine. La caméra Super 8 d’une bande de gamins qui tournait la scène-clé d’un film amateur près de la voie ferrée a tout enregistré. Mais avec des parents trop occupés, trop distraits, ou trop distants, les enfants vont devoir découvrir l’origine des phénomènes par eux-mêmes…

L’action se déroule en 1979, ce qui me rappelle que j’ai déjà vu toute la bonne volonté de mon premier paragraphe ailleurs… Ah oui, dans E.T., sorti en 1982. Et aussi dans les Goonies, 1985. Et dans tout un tas d’autres films de la même époque dont les héros sont des pré-ados américains qui rêvent d’aventures. Mais de nos jours (malheureusement…?), l’esprit boy-scout est un peu daté, et Super 8, bien qu’étant réussi sur presque tous les plans, ne marquera certainement pas les mémoires très longtemps, à part comme hommage à cette époque révolue.

On le devine du début à la fin, et J.J. Abrams, scénariste & réalisateur de Super 8, ne s’en cache pas: c’est un film nostalgique et auto-biographique, le rêve réalisé d’un gamin qui aimait faire du cinéma… Inspiré par le talent de Spielberg, d’ailleurs co-producteur du film, mais sans vraiment parvenir à le rejoindre, c’est très divertissant mais pas transcendant. Je dirais même qu’il manque un détail important: les relations entre les humains et la « chose » sont évoqués, mais pas vécus en direct. Certaines scènes importantes de la fin du film en pâtissent sérieusement.

Ceci étant dit, on a des personnages attachants, des gamins charismatiques, un scénario sympathique, des détails savoureux, une excellente réalisation et une belle âme: en bref, un bon film à regarder en famille une fois tous les deux ans, en HD de préférence.

Anecdote en post-scriptum: dans les réquisitoires science-fictifs récents contre la discrimination, on trouve d’un côté District 9, noir sans sucre, pour adultes; et de l’autre côté, Super 8, un cran en-dessous (comme l’indique le titre), version colorée et sucrée, pour enfants. Sans savoir si c’est voulu (j’en doute un peu, mais qui sait), je trouve ça amusant.

Exorcismus (2010)

Très classique film d’exorcisme moderne, qui ressemble bien trop à L’Exorciste, au point de ne même pas chercher un titre vraiment original. Je m’attendais à mieux, à plus, et j’ai même cherché (du moins au début) ces petites choses que les réalisateurs aiment glisser dans les oeuvres récentes et qu’on ne remarque pas forcément au premier visionnage: des reflets bizarres dans les miroirs, des ombres qui ne devraient pas être présentes, des mouvements de ceux qu’on aperçoit du coin de l’oeil (comme dans Insidious ou Paranormal Activity)… Et non, rien. Tout est tourné en plein jour, en essayant comme d’habitude de faire contraster la banalité du quotidien des héros avec la bizarrerie des peu nombreuses scènes paranormales. Mais tout ça est beaucoup trop clair, trop propre. Et c’est même le précédent exorcisme qu’on voit en flashback, bien plus noir et qui a l’air bien plus effrayant (et qui est d’ailleurs utilisé pour la jaquette du dvd…), qui attire l’attention.

Niveau scénario, ça reste très superficiel, et niveau réalisation, c’est assez morne aussi. Les moments clés passent et trépassent sans créer de souvenir. Et bien que certaines scènes soient relativement inédites par leur aspect violemment meurtrier, ce qu’on ne voit finalement pas assez dans les films de possession, ce n’est pas ça qui fera remonter le niveau.

Dans le même genre, Le Rite (2011) avec Anthony Hopkins est bien plus intéressant, au moins pour le jeu d’acteur de ce dernier. Dans Exorcismus, on a des acteurs bien trop jeunes pour être expérimentés, qui jouent des personnages eux aussi bien trop jeunes pour être expérimentés. Bref, c’est assez fade, tout ça.

The Troll Hunter (2010)

Jolie fable cinématographique qui nous annonce que les trolls des légendes nordiques existent réellement. Marchant dans les traces toujours pas effacées du Blair Witch Project, cette docu-fiction nous entraîne dans les vastes forêts norvégiennes, à la recherche de ces géants noctambules (le secret serait évidemment éventé depuis longtemps s’ils sortaient le jour). Un chasseur/berger secrètement employé par le gouvernement du pays est chargé de veiller à ce qu’ils ne fassent pas trop de bêtises, et aussi à ce que le grand public n’apprenne jamais leur existence. Une bande d’étudiants curieux tombe néanmoins sur lui et il accepte de les laisser le suivre pour filmer ses activités nocturnes.

Et c’est là qu’on s’éloigne de Blair Witch pour se retrouver plus dans la lignée de Monsters, ou de The Host. On voit les bestiaux! Et tant mieux, car ils sont plutôt réussis. Ils sont présentés depuis le point de vue d’un humain, ce qui les rend d’autant plus impressionnants. Le côté film amateur n’était pas nécessaire pour obtenir ce résultat (cf. la Guerre des Mondes de 2005 qui utilise la même technique sans la justifier), mais ça ajoute au réalisme de l’histoire.

Le reste, c’est du grand classique, mais le scénario n’a pas besoin d’être incroyablement complexe pour rendre intéressante cette chasse aux trolls qui est déjà très fun. Un peu de théorie du complot, beaucoup de fantastique, quelques raisonnements crédibles (pour couvrir tous les autres aspects irréalistes) et un résultat à regarder sur grand écran une fois par an, au moins pour revoir le passage culte du film: « Troooollll!!!! ». Excellent.

 

Dream House (2011)

Une famille américaine s’installe dans une maison sans connaître l’histoire lugubre des occupants précédents… La découverte des souvenirs qui hantent les couloirs de la demeure fera perdre la tête au héros principal joué par Daniel Craig, à moins qu’il ne l’ait déjà perdue…?

Dans le même genre, de nombreux films des décennies passées, The Others ou Amityville (celui de 1979) en tête, sont bien mieux amenés, bien plus éthérés, et/ou bien plus prenants. Ici, le mélange parapsycho / psycho tout court qui tente d’être original est trop ambitieux et ne fait que donner une impression de déjà-vu mal ficelé. Pendant les premières minutes, je me suis même demandé si je ne regardais pas pour la deuxième fois un film que j’avais déjà visionné quelques mois auparavant. Quant au dénouement, comme un cheveu sur la soupe, il prend une tangente ‘film policier’ qui en arrive presque à en faire oublier cette histoire de faux revenants alambiquée.

Mais Dream House n’est quand même pas désagréable, et peut intégrer sans honte une collection de DVD/BR sur le thème des hantises à l’américaine…

Attack the Block (2011)

Un sujet original tué dans l’oeuf par son propre manque de motivation. Et de vocabulaire.

Une bande de délinquants juvéniles à la petite semaine tiennent les murs d’un quartier du sud de Londres, et tentent d’y faire leur loi. Leur chef de 15 ans, Moses, est le seul à avoir un semblant d’ambition : prêt à passer le cap des petits délits, il se voit proposer l’opportunité de rejoindre le monde ô combien séduisant de la vente de drogue. Mais une invasion extra-terrestre prenant pour cible son quartier le dévie brutalement de cette trajectoire, au moins temporairement, et le transforme en héros…

Par contre, avant d’en arriver à ce moment-clé, il faut regarder tout le reste du film. Et c’est bien ça le problème.

Parmi les anti-héros récents dont les actions changent le cours de l’histoire, ceux qui me reviennent en tête sont les voisins un peu lâches mais de bonne volonté de Skyline, gros budget américain au thème similaire à Attack the Block. Mais dans ce dernier, ce sont des racailles stéréotypées qui tiennent le haut de l’affiche. Donc, des jeunes au vocabulaire et à l’imagination douloureusement pauvres, et ce n’est certes pas leurs conversations ou leur champ d’action limités qui feront avancer l’intrigue. Donc on attend une bonne heure avant que Moses ait LA bonne idée, l’illumination. Et c’est une longue attente.

Les stéréotypes ambulants croisent assez tôt le chemin d’un autre stéréotype démotivé,  campé par Nick Frost, une figure de l’humour britannique pince-sans-rire, histoire que le spectateur comprenne bien qu’en fait Attack the Block est aussi une comédie. Mélangée à de la science-fiction, cette fable sociale est tout à fait britannique, quoi. Comme le très sympathique Shaun of the Dead mentionné sur l’affiche. Mais il manque un ingrédient, ou alors peut-être que tous les ingrédients sont trop fades. Comme il s’agit de la première réalisation de Joe Cornish, on peut être indulgent. Mais ça ne méritait pas nécessairement un passage au cinéma. Sans être trop violent, ça rappellerait quand même certaines webproductions…

Donc, on est loin des productions américaines, et c’est sans renfort de musique orchestrale ou d’effets spéciaux à couper le souffle que nos jeunes anti-héros font des aller-retours dans les mêmes rues, les mêmes bâtiments, les mêmes appartements… Et croisent les mêmes têtes, et surtout, les mêmes aliens. Sympathiques au début, ces derniers deviennent vite lassants, et font glisser l’intérêt du film vers l’acteur principal, John Boyega qui joue à merveille le petit dur des cités et qui mérite presque qu’on regarde le film juste pour ses performances.

Au final, j’ai failli me laisser prendre, mais le manque de motivation des jeunes a trop vite envahi tout le scénario, les répétitions à l’infini des « bruv », « fam » et « blood » dans leurs interjections m’ont vite fatigué, les aliens sont trop exposés pour m’impressionner, et les aller-retours incessants m’ont lassé. Donc j’ai pratiqué l’avance rapide jusqu’aux dernières minutes qui, à mon grand soulagement, contenaient la scène clé du film, celle où le bad boy en devenir a une idée, se repent, et sauve le monde.

Sauf qu’on ne sait pas ce qu’il devient ensuite. Pour le côté fable sociale, tu repasseras, il n’y a même pas de morale.
A voir en DVD ou en DIVX vite fait, pour tuer une soirée.

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